
Lorsqu’un collaborateur approche de la retraite, l’entreprise pense naturellement aux aspects administratifs : date de départ, pension, transfert des dossiers, remplacement, transmission des compétences…
Mais qu’en est-il de la personne qui part ?
Après parfois 30 ou 40 années de vie professionnelle, arrêter de travailler ne consiste pas simplement à fermer la porte de son bureau un vendredi soir pour commencer une nouvelle vie le lundi matin.
La retraite représente une véritable transition.
Le travail structure nos journées, nos relations sociales, nos habitudes et parfois même une partie importante de notre identité. Lorsqu’il disparaît, ce sont donc aussi des repères temporels, sociaux et géographiques qu’il faut progressivement reconstruire.
Et c’est précisément là que l’entreprise peut jouer un rôle.
DRH ou « Développeur de Retraite Harmonieuse »
C’est le message que j’ai voulu transmettre lors de ma conférence consacrée à l’accompagnement des collaborateurs proches de la retraite.
Les RH et les managers ne doivent évidemment pas construire la retraite à la place de leurs collaborateurs. Ils peuvent en revanche créer les conditions qui leur permettront d’y réfléchir et de mieux préparer cette nouvelle étape.
Car la manière dont nous vivons notre fin de carrière peut influencer la façon dont nous entrerons dans la retraite. Stress, démotivation, place occupée par le travail, situation familiale, activités extérieures, circonstances du départ… de nombreux facteurs interviennent dans cette transition.
Passer d’acteur à auteur de sa vie
J’aime présenter le passage à la retraite comme une valse à trois temps.
Il y a d’abord un temps de ressourcement.
Puis vient souvent un temps de questionnement : qu’ai-je réellement envie de faire ? Qu’est-ce qui est important pour moi ? Quel rôle ai-je encore envie de jouer ? À qui puis-je être utile ?
Enfin vient le temps de la reconnexion et des nouveaux projets.
Pendant la vie professionnelle, une grande partie de notre cadre de vie nous est imposée. À la retraite, nous disposons soudainement de beaucoup plus de liberté. Il faut donc progressivement passer d’un cadre dans lequel nous étions essentiellement acteur à un cadre dont nous devenons auteur.
Et cette liberté peut être enthousiasmante… mais aussi déstabilisante.
Faut-il avoir un projet parfaitement défini avant de partir ?
Non.
Il ne faut pas être « prêt à 100 % » le jour de son départ. Il n’existe pas non plus de recette universelle pour réussir sa retraite. Et ne pas avoir immédiatement un grand projet n'est pas le signe que sa retraite sera ratée.
La première étape consiste parfois simplement à prendre du temps pour soi et à commencer à se poser les bonnes questions.
Et concrètement, que peut faire l’entreprise ?
Beaucoup de choses, sans devenir intrusive.
Elle peut ouvrir le dialogue sur l’après-carrière, proposer des formations de préparation à la retraite, encourager la transmission des compétences et reconnaître réellement le parcours du collaborateur.
Elle peut aussi porter une attention particulière à la manière dont se déroule le dernier jour : le pot de départ, les mots prononcés, la restitution du badge, des clés, du téléphone ou de l’ordinateur professionnel sont des détails en apparence, mais ils participent symboliquement à la transition.
Bien accompagner un collaborateur vers la retraite, ce n’est donc pas uniquement bien organiser son départ.
C’est l’aider à terminer positivement sa vie professionnelle pour qu’il puisse commencer à construire la suite.
Parce qu’au fond, la retraite n’est pas seulement la fin du travail.
C’est aussi le début d’un nouveau projet de vie.
