Soumis par Pierre Degand le dim, 02/25/2018 - 13:07
histoire des clubs de seniors

Club pour seniors, club d’aînés, clubs de retraités, pire, club du troisième âge, ces terminologies  laissent parfois de glace les personnes à qui le message s’adresse. Il n’y a pas une semaine sans que j’entende de la bouche des principaux intéressés « Ah non, je viens de passer la cap de la retraite, j’ai pas envie de me retrouver dans un club avec des vieux… ». Cette remarque est un peu dure j’en conviens mais illustre bien l’offre « de première ligne » un peu stigmatisante adressée parfois aux jeunes et futurs retraités. Ces derniers, en creusant un peu, découvriront rapidement qu’il y a club et club, que bien d’autres possibilités de loisirs s’offrent à eux.  Mais d’où proviennent ces terminologies vieillottes? Ne sont-elles pas un peu trop clichés ? Répondent-elles encore à un besoin des jeunes retraités ?

 

L’origine des clubs de retraités

Les clubs de retraités sont apparus en même temps que le modèle de retraite « troisième âge ». Ce modèle très axé sur les activités de loisirs s’est imposé fin des années 60. Les pouvoirs publics, les mutuelles et d’autres acteurs ont développé les clubs de retraités pour lutter contre l’isolement social des personnes dites « âgées ». Les activités proposées étaient surtout de type récréatif (thé dansant, jeux, etc). En France, fin des années 60, on recensait moins d’un millier de club d’ainés. Fin des années 80, la France en comptait 30.000. Ces structures prenaient aussi la forme de structures revendicatives de retraités à l’instar par exemple d’Enéo dans notre pays (ex Union Chrétienne des Pensionnés créée en 1974)  et Espace Seniors ex (Fédération francophone des pensionnés et veuves mutualistes socialistes fondée en 1977).

 

La fin du modèle de retraite club du troisième âge

A partir du milieu des années 90, l’arrivée à la retraite des baby boomers a quelque peu bousculé l’organisation des clubs du troisième âge. Cette génération de jeunes retraités plus engagée dans la société que les générations précédentes ne se retrouvait plus dans ces structures très axées sur l’occupationnel et la revendication. Les baby boomers n’ont plus vraiment besoin « d’être poussés à se distraire » et surtout ces structures monogénérationnelles les attirent de moins en moins. Ces clubs du troisième âge se sont donc adaptés ou pas. Une partie de ces clubs se sont réinventés pour répondre plus ou moins à la demande du public. D’autres restent calqués sur le modèle de retraite du troisième âge. Ils ont soit disparu ou n’attirent que les tranches d’âge plus élevées. En France par exemple, entre 1983 et 1996 les adhérents à ce type d’association sont passés de 21% à 16%  chez les plus de 60 ans. En 2008, 7,3% des 60-64 ans ont adhéré à un club de type troisième âge, pour les + de 75 ans, ce chiffre passe à 13,6%.

 

L’arrivée du modèle de retraite active marque l’apparition de nouvelles associations qui se distinguent des clubs de seniors

La notion de retraite active est souvent associée à la pratique du sport. Si cette dernière est importante pour tous les âges et donc à la retraite, elle n’illustre pas à elle seule le modèle de retraite active. Le modèle de retraite active signifie plutôt la prise en main de sa retraite. La génération des baby boomers qui a révolutionné la société en mai 68 a commencé à réinventer la retraite à partir de la fin des années 90. Cette génération bénéficie directement de l’allongement de la durée de vie en bonne santé. En 1960, la retraite durait 6 à 8 ans contre 25 ans de nos jours. Parallèlement à ce « bonus vie », les jeunes retraités baby boomers  cherchent à se réaliser de différentes manières. Ils ont soif d’apprendre, sont hédonistes et veulent rester utiles dans la société. En découle donc une nouvelle offre riche en matière de loisirs, de développement personnel et surtout une implication croissante des jeunes retraités dans les associations culturelles, sportives et diverses au travers principalement du volontariat.

En réalité, il n’y a plus en 2018 de modèle de retraite proprement dit. La spécificité des baby boomers, les sorties prématurées du monde du travail, l’arrivée  « en masse »  à la retraite de familles recomposées amènent chacun à être auteur de sa retraite. Pas étonnant donc que ce public ne se retrouve plus dans les clubs seniors ou d’aînés qui projettent une image stigmatisante et monogénérationnelle de la retraite.

 

En quoi le Réseau Sequoia répond aux besoins des futurs et nouveaux retraités ?

En s’adressant aux 50+, le réseau ne se fonde pas sur une structure monogénérationnelle mais privilégie la mixité entre les personnes encore (ou partiellement) au travail et les retraités.

Les membres du réseau qui le désirent, prennent une part active dans sa gestion et son animation. Les activités et animations diverses sont organisées par les  membres et  reflètent leurs compétences. On est donc loin de l’encadrement typique des clubs d’ainés mais plutôt dans le soutien à être auteur de sa retraite.

La plateforme Agora propose des missions de volontariat, des missions d’interim et permet aux membres de la communauté de s’échanger des services. Enfin, l’agora sera aussi une vitrine des compétences du réseau vers « le monde extérieur ».

Pierre Degand

J’encourage les seniors à se sentir moins seniors, les retraités moins en retrait.

www.sequoiaways.be

 

Ajouter un commentaire